Sandrine - Au p'tit terroir

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Le 4 septembre dernier, à l’heure de la rentrée pour bon nombre d’entre nous, je me suis rendue à Bohain, ville située au nord de Saint-Quentin, à environ une trentaine de kilomètres de chez moi afin de rencontrer Sandrine que j’avais découverte, une fois n’est pas coutume, sur Facebook. J’aimais suivre ses posts avec de belles photos de sa boutique, de sa devanture, de ses produits du terroir et de ses aliments bio… J’avais donc besoin de voir tout cela en vrai, de connaitre l’histoire de son commerce pour vous le faire découvrir, pour le plaisir de partager de bonnes adresses et je l’espère vous donner envie d’y aller.

Au P’tit terroir, une boutique bien de chez nous ?

Eh bien oui ! Et tout est dit ou presque dans son enseigne. Au p’tit terroir se situe au 4, rue Francis Pressensé à Bohain, en plein centre-ville. Petit commerce de proximité, vous y trouverez tout ce qu’il vous faut, si, comme moi, vous êtes des amoureux de produits frais (œufs, légumes et pains bio) ou de produits du terroir (foie gras, terrines, magrets, maroilles, bières artisanales…). Vous y recevrez un accueil des plus chaleureux avec en prime des conseils et des recettes de cuisine.

En ce qui me concerne, tout m’y a plu à peine entrée : de la vitrine, attrayante avec ses produits locaux ou régionaux, à la boutique spacieuse, décorée avec goût, en passant par la propriétaire des lieux, Sandrine, enjouée et joviale, le tout dans un style champêtre, qui n’est pas sans me rappeler ma rencontre avec Virginie, fleuriste de la Violette de Parme à Saint-Quentin.

Au p’tit terroir, la qualité est au rendez-vous dès la porte franchie et garantie, car la jeune entrepreneure, qui s’est lancée il y a plus d’un an, y tient beaucoup et c’est même son credo.

Qui est donc Sandrine ?

C’est une passionnée, qui a fait le pari de réunir dans son commerce : les bons produits et l’Humain. Les bons produits, parce qu’elle aime avant tout cuisiner avec des aliments, frais et naturels, voire bio, quand elle réalise elle-même ses foies gras, ses magrets fumés, ses confits de canards, terrines ou autres pâtés, mais aussi ses vins de cerises, de pêches ou encore de sureau… et l’humain parce qu’elle aime le contact et la satisfaction de ses futurs clients. Alors en passionnée qu’elle est, elle s’est lancée dans l’aventure de l’entrepreneuriat en créant sa propre activité le 31 juillet 2017.

Sa boutique, c’est son p’tit bonheur, son troisième enfant, c’est surtout un lieu de partage avec ses clients. Ce qu’elle aime, c’est leur faire découvrir des produits que l’on ne trouve pas en supermarché, des produits aux saveurs délicates, au goût de notre enfance ou d’autrefois, bien avant la surconsommation de produits standardisés, c’est aussi des recettes ancestrales faites avec amour et surtout des produits frais de la localité de Bohain ou d’un peu plus loin.

Ce qui la fait avancer, c’est le plaisir d’être le lien entre les producteurs qu’elle affectionne et ses clients qu’elle veut satisfaire au mieux.

Pourquoi un commerce de proximité à Bohain ?

D’abord parce qu’elle s’y sent bien dans cette ville de Bohain, même si ce n’est pas sa ville natale. La sienne, c’est celle de Kamini, Marly-Gomont et ensuite, parce qu’elle connait bien le secteur pour y vivre et y avoir travaillé de nombreuses années. Quant au choix de ce type de commerce, on pourrait dire que c’est plutôt son parcours de vie qui l’y a amenée, car en effet, rien ne prédisposait Sandrine dans cette voie.

Elle a travaillé pendant vingt ans dans le milieu du bâtiment après des études de collaboratrice d’architecte, a aimé ses emplois successifs et son évolution professionnelle dans un domaine qu’elle maîtrisait parfaitement, mais petit à petit elle a perdu la flamme qui la stimulait. Insidieusement, un certain mal-être au travail s’est installé et s’est transformé en « burn-out », c’est pourquoi en 2016, alors qu’elle n’était plus en phase avec son dernier employeur, elle a négocié une rupture conventionnelle et a commencé à réfléchir à une réorientation professionnelle.

Comment se réorienter après un burn-out ?

Pas facile dans un premier temps, il faut identifier la cause du mal, accepter puis surmonter ce mal-être. Il ne suffit pas de quelques mois pour se reconstruire et se réorienter. Pour Sandrine, ça a pris un peu plus d’un an.

Elle a redéfini peu à peu un nouveau projet en lien avec ses désirs, c’est-à-dire ne plus avoir à manager du personnel et devenir son propre patron dans un domaine qui lui tenait à cœur. Après avoir discuté avec ses proches, elle a fini par cerner son projet et s’est ensuite rendue à la Chambre de Commerce et d’Industrie de Saint-Quentin, où elle a trouvé une oreille attentive et compétente, auprès de Mme Mahieux, spécialisée dans la création ou la reprise d’entreprise. Elle a alors bâti son « business plan », dossier de présentation et de financement, étape par étape, en allant dans des commerces similaires à celui qu’elle voulait créer pour y piocher des informations, en déterminant ensuite sa zone de chalandise et ses potentiels clients, en trouvant parallèlement ses futurs fournisseurs, son local, en comptabilisant les charges à venir et enfin en fixant ses prix en y intégrant sa marge.

Forte de ce dossier complet et bien ficelé, elle s’est attaquée aux agences bancaires. Je dis « attaquée », car comme souvent, cela reste la partie la plus délicate du projet pour bon nombre d’entrepreneurs. Sans trésorerie conséquente, il faut passer par la case « bancaire » et défendre son idée avec ténacité pour en prouver la nécessité et par conséquent son inévitable succès pour être en mesure de rembourser ses traites. Sandrine a essuyé quelques refus, qui l’on surprise et qui ont pu mettre à mal sa confiance un certain temps, mais elle a finalement réussi à convaincre une banque locale grâce à sa combativité et son enthousiasme.

Malgré les aléas de la conjoncture économique, les retards et incohérences administratives, qui ont repoussé l’ouverture de son commerce, les travaux en centre-ville, les vacances scolaires, la gestion dans et en dehors de la boutique et la gestion familiale, Sandrine, vaillante, tient toujours le cap. Elle n’envisage pas de ventes sur internet pour l’instant pour ne pas trop s’éparpiller et parce que le temps lui manque, mais elle va proposer prochainement des paniers pour les fêtes de Noël auprès des entreprises environnantes, des associations et des collectivités locales. Alors, faites passer le message.

N’hésitez pas à la contacter au : 06.37.74.54.94 ou par mail : auptitterroir@sfr.fr. Pensez également à aimer sa page Facebook, @au p’tit terroir.

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