Mon histoire, c’est celle d’un livre, intitulé 21, Elles et Moi

Avant qu’il ne devienne réalité, que je puisse le toucher, que je puisse l’apprécier, tout comme les photographies, que je pleure de joie et que j’embrasse avec courtoisie mais beaucoup d’affection mon imprimeur, il y a eu un rêve. Celui de la petite fille qui aimait lire et écrire.

J’ai rencontré une coach professionnelle, Nelly Le Bot lors d’une de ses interventions à la CCI de l’Aisne. Une femme formidable, un déclic pour moi.  Je la retrouvais à l’espace Créatis pendant deux heures une fois par mois. Financièrement, ce n’était pas facile, mais j’ai choisi Nelly et le coaching, comme une évidence. Le coût était important, nécessitait des sacrifices mais je ne regrette rien, bien au contraire. Elle m’a accompagnée dans mon nouveau parcours. Nous avons déblayé le champ des possibles, fait le tri de mes envies. J’aimais écrire mais sans diplôme, propre à cette activité, je ne me sentais pas légitime donc je me l’interdisais plus ou moins. Avec Nelly, j’ai appris à me connaître et découvert ma façon de fonctionner. Elle a rendu cela possible en m’instillant des gouttes de confiance puis j’ai poussé la porte des rêves afin qu’ils deviennent réalité…

J’ai lancé mon projet totalement fou d’écrire un livre sur 21 femmes de ma ville, chefs d’entreprise ou cadres le 27 janvier 2017, sans savoir comment j’allais le financer, crowdfunding, prêt personnel…

Les rencontres se sont ensuite enchaînées parfois par hasard ou par connaissances interposées. Après l’entretien, j’écrivais le portrait, parfois des semaines voire des mois plus tard. Ma tête bouillonnait, partait tout azimut.

J’espérais, chantais, criais de joie, sautais comme un cabri au moindre retour positif, comme lors de ce premier article dans l’Aisne Nouvelle avec mon nom écrit en grand et une belle photo. Il en a été de même quand Stéphanie Benlemselmi, auteure de Je suis une femme et j’ai décidé de réussir mon Business a accepté de rédiger la préface de mon futur livre. Que dire de la réponse de Grégoire Delacourt à mon premier mail. Une hystérique, une groupie en transe. Nous avons échangé et il m’a même encouragé à poursuivre mes écrits. En mai, je le savais en séance de dédicaces dans la librairie Cognet. J’ai hésité longuement à m’y rendre, de peur qu’il ne me reconnaisse pas. Après tout, peut-être ne répondait-il pas lui-même à ses correspondances. Arrivée sur place et au premier regard, je n’ai pas vu l’homme auquel je m’attendais, presque moins courtois de premier abord que dans les courriers, la première impression n’est pas toujours la bonne. Puis il s’est rappelé de mon projet, m’a parlé de la couverture, très importante, m’a conseillé l’auto-édition, « vos femmes ne sont pas assez connues, même si c’est un beau projet… » m’a-t-il dit et pour le reste, j’ai tout oublié. Même si j’ai très vite compris qu’il ne pourrait rien faire pour moi, sa disponibilité, sa gentillesse et sa dédicace m’ont mis tout de même du baume au cœur. Je suis repartie soulagée. Je savais qu’un jour, je lui enverrai mon livre…

Cependant au fil du temps, mes joies étaient toujours de courte durée et beaucoup moins fréquentes que mes moments de doute. La plupart du temps, j’angoissais, je sanglotais, comme une ado en crise, de peur de ne pas aller au bout, de ne pas trouver assez de femmes, de ne pas me publier en janvier 2018, comme je me l’étais imposée. Je regrettais de ne pas avoir poursuivi ma quête d’un éditeur après les non-réponses. Je me sentais parfois « minable » ou pas à la hauteur. Je ne supportais pas l’attente. Je doutais de mon écriture et de l’intérêt qu’un tel livre puisse susciter. En mai 2017, j’ai pourtant quitté mon emploi grâce à une rupture conventionnelle pour me consacrer uniquement à mon recueil. J’avais longuement hésité … pas facile de sortir « de sa zone de confort ». J’avais peur du manque d’argent, de ne pas m’en sortir financièrement… Mais à la signature de la rupture, je n’ai plus eu le choix, il me fallait poursuivre les rencontres, aller jusqu’au bout.

J’avais trouvé l’imprimeur dès le début de mon aventure bien avant de songer à démissionner, il me restait donc à trouver une jeune photographe. J’avais décidé de choisir une femme, une fois de plus. A la rentrée des congés d’été que je m’étais tout de même octroyés, j’ai réfléchi au crowdfunding, puis je me suis inscrite sur ulule.com, une expérience de plus pour vaincre mes peurs.

Il fallait penser compensations, montant à atteindre en fonction des dépenses incontournables (dont les envois), écrire les textes de présentation et réaliser les vidéos pour donner envie et recevoir des dons… Penser à la mise en page, à la couverture du livre, à tant de choses inconnues. … pour faire partager mon rêve tout simplement. Tout s’est enchaîné relativement vite dans cette période-là. J’ai trouvé la photographe. Trente jours plus tard, fin novembre, je gagnais mon pari et mon financement in extremis. En décembre, j’avais organisé chez Blandine (un de mes portraits) un petit déjeuner dans son Tertous Coffee Shop pour que mes « femmes » se rencontrent enfin et pour leur présenter Clémentine, la photographe, qui commença alors ses photos dans la foulée. La presse s’était déplacée et les articles plutôt flatteurs me donnèrent des ailes.

Avec la nouvelle année, j’ai créé ma micro entreprise Dites-le avec des mots pour m’auto-éditer, pour vendre mon livre dès sa parution, pour payer mon imprimeur et ma photographe.

Je m’étais fixée un an, le 26 janvier 2018, je remettais les livres aux 21 participantes et aux « crowdfunders » présents à la petite cérémonie que j’avais organisée toute seule, là encore. J’ai dès le lendemain cherché à le vendre. J’ai été contactée par les deux librairies de la ville, suite aux articles des journaux locaux. J’ai déposé mes cartons, fait ma première séance de dédicaces, vendu 8 livres ce jour-là et j’ai résisté au blues. Le peu de retours des lecteurs sur mes écrits m’ont encore beaucoup fait douter. Finalement, ils avaient participé à un projet avant tout.

Aujourd’hui, je suis fière et soulagée d’avoir accompli mon projet. Je me demande chaque jour, si ma petite entreprise sera viable prochainement. Si l’écho éventuel de ce livre me permettra de poursuivre. Je me demande comment j’ai pu faire un truc pareil.

Je rêve de devenir « Portraitiste », « Biographe » et peut-être « Ecrivain ». Je rêve en grand et je continue à croire en mes rêves.

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<p>Le 23 octobre 2017, une équipe de France 3 Hauts de France, avec à sa tête le journaliste Julien Guéry, m’a suivie dans mes rencontres.</p>

Le 23 octobre 2017, une équipe de France 3 Hauts de France, avec à sa tête le journaliste Julien Guéry, m’a suivie dans mes rencontres.

<p>Un peu plus d’une minute d’images marquantes pour raconter l’histoire de ce projet devenu réalité.</p>

Un peu plus d’une minute d’images marquantes pour raconter l’histoire de ce projet devenu réalité.

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