Partager c'est aimer !

A travers ce titre, c’est de moi que je parle, que les choses soient claires.

J’ai mis un titre qui ne me ressemble pas, un peu tapageur, un peu tape à l’œil, puisque c’est ce qu’il faut, parait-il, pour être lisible dans le monde virtuel. Je ne suis pas sûre qu’il soit pourtant le bon et qu’il suffise à faire remarquer mon travail d’écriture. Il est cependant après mure réflexion le reflet de mon état d’esprit, comme tout ce qui va suivre. Positivistes actifs, fuyez ! Neurasthéniques, abstenez-vous de poursuivre ! Curieux, lisez jusqu’au bout.

Ce titre incarne ma réalité et mon désenchantement. Explosion en plein vol, c’est l’arrêt de toute progression sociale, c’est une béance dans un parcours professionnel, c’est une incapacité à « réussir » selon mes critères, à me dégager de mon sentiment d’échec et de ma non-reconnaissance. Un trouble quelque peu égotique que mon site internet me permet de soulager. Bien peu de choses me direz-vous, mais un délice de pouvoir l’exprimer, un soulagement sans prix.

Ce titre, paradoxalement, j’en ai peu honte, il me rappelle des images terribles d’un certain 11 septembre et la mort de tant d’innocents, qu’il en est presque indécent. Je vais pourtant le garder car il est ce que je ressens.

Mon explosion est donc toute autre, elle est personnelle, interne.

Il s’agit même davantage d’une implosion que d’une explosion, puisqu’elle se joue à huis clos. Elle est le fait d’une incapacité à accepter la réalité du monde du travail et de s’en accommoder, à accepter sans sourciller les contraintes imposées, par ce qu’il en est ainsi depuis la nuit des temps et que c’est la loi du marché. D’ailleurs ceux qui les imposent, sont souvent ceux qui ne les supportaient pas et désiraient avant tout devenir maître de leur destin. Ils les reproduisent pourtant souvent et ce au détriment de ceux qu’ils emploient.

Malgré tout, je sais la nécessité de règles pour ne pas sombrer dans le chaos et j’accepte volontiers celles de notre société-mère, de notre nation que j’aime tant et que je respecte, car elle m’autorise ma liberté d’expression. Mais aujourd’hui encore, je suis déboussolée, bousculée, chahutée. Que sont devenues mes convictions profondes d’égalitarisme, de respect, de savoir vivre ensemble ? Où en est mon amour pour l’humanité quand je regarde ce qu’elle devient, quand je suis confrontée à la réalité du terrain parfois si grégaire, si irrespectueuse de femmes et d’ hommes. Mon idéal, mon monde merveilleux fait de dignité, de respect, de bienveillance, d’écoute et de dialogue vient encore de s’effondrer. Mon monde est illusoire, le vrai est envahi de gris et de tristesse, excepté pour ceux qui savent l’ignorer.

La question est maintenant la suivante :

Puis-je me plaindre quand certains sont confrontés à des souffrances bien au-delà des miennes, puisque ma souffrance est dans ma tête et non dans mon corps, puisque je mange à ma faim et que j’ai un toit. Y a-t-il une échelle des souffrances, qui voudrait que je me taise et que mon mal être soit illégitime ?

J’ai choisi pourtant de l’écrire, peut-être une fois encore à mon détriment. Un besoin d’expression que mon travail d’auteur me permet.

Mon travail ! Parlons-en, celui qui me nourrit ou celui de mes rêves ?

Celui qui se veut légitime et pécuniaire ou celui, déraisonnable, dont je ne peux pas vivre, mais qui me passionne ? Celui que j’appelle de mes vœux, celui que je dévoile sur ces pages, celui que je ne sais pas vendre, comme on me le dit souvent, celui que je devrais poursuivre au lieu de me censurer, celui pour lequel je  devrais insister puisqu’il est celui qui me rend heureuse. Je n’ai pas de produits à vendre, je n’ai qu’un livre (21, Elles et Moi) et des mots, des historiettes solitaires ou familiales à mon actif. Je n’ai que des mots qui ne nourrissent pas, qui ne donnent pas à manger dans l’assiette, qui laissent souvent indifférent, qui sont hors circuit…

Je ne suis pas révolutionnaire, je ne suis pas gilet jaune, je ne suis pas vindicative, jalouse ou envieuse des richesses des autres… je suis de celles qui voudraient vivre décemment,  sans l’aide de l’état ou d’un homme. On va me répondre qu’il faut oser, qu’il ne faut rien lâcher, qu’il faut continuer, qu’il faut croire en ses rêves et qu’il faut travailler sans relâche… Je travaille et mon job nourricier me prend la plupart de mon temps. Mon cerveau est envahi de déchets que je ne peux recycler…

J’aimerais avoir vingt ans et l’insouciance de la jeunesse. J’aimerais écrire des trucs gais, qui feraient rêver femmes ou hommes et me rendraient indépendante, mais je ne sais pas leurrer les gens, je ne sais pas inventer de monde parfait ou de belles histoires romanesques… Je ne sais que la tristesse et les déconvenues de ne pouvoir vivre de sa passion… J’aimerais partir au soleil car « il me semble que la misère serait moins pénible au soleil », n’est-ce pas Charles ?

J’aimerais devenir Écrivaine et vivre de ma plume…

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